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PRESENTATION GENERALE DU CONTEXTE DE L'ELEVAGE EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE

  • L’élevage: l’un des principaux piliers des économies rurales africaines

En 1994, au plan macroéconomique, la viande, le lait, les œufs, les moyens de traction et le fumier issus de l’élevage en Afrique Sub-Saharienne (ASS) ont été évalués à près de 18,5 milliards $ EU, représentant 27% du PIB total pour l’agriculture (Winrock International, 1995). En termes d’emploi et de pauvreté, selon les estimations, l’élevage constitue une importante source de revenus pour près de 160 millions de pauvres des zones rurales et périurbaines, ce qui représente 62% du nombre total des pauvres en zones rurales, ou 27% de la population totale de l’Afrique subsaharienne.

Sur un plan nutritionnel, contribution souvent
négligée, les produits de l’élevage fournissent l’essentiel des constituants de base du tissu humain (acides aminés) ainsi que des oligo-éléments et des vitamines qui améliorent l’efficacité des protéines végétales et, partant, la croissance et le bien-être des plus jeunes et des autres groupes vulnérables. Au Kenya, par exemple, des études ont montré qu’une absorption même en infimes quantités de protéines animales améliore significativement la croissance des enfants et le comportement cognitif des tout-petits (Neumann, 1999).

De plus, en termes de finances, l’élevage constitue une importante source d’épargne dans un environnement où le secteur bancaire est notoirement
peu fiable.

Enfin, il constitue un important moyen d’amélioration du rendement des terres arables par la fourniture de moyens de traction et l’apport de fertilisants issus
également de l’élevage.

Dans de nombreux cas, l’élevage peut aussi constituer l’un des principaux moyens, pour les populations pauvres des zones rurales et périurbaines, de sortir de l’engrenage de la pauvreté.


  • Perspectives

Alors que certains systèmes de production, particulièrement dans les zones arides, ont atteint les limites de leur potentiel d’accroissement de la production, le secteur conserve des opportunités dans nombre d’autres zones, en particulier dans les systèmes de polyculture des régions à très forte pluviométrie ainsi que dans les zones de haute altitude (qui regroupent 55% des éleveurs pauvres). Ces territoires offrent d’excellentes possibilités d’amélioration de la production et de la rentabilité.

Les
projections du CIRAD, qui indiquent que l’ASS dispose, en matière de terres et d’eau, des ressources naturelles nécessaires pour la production de 12,4 millions de tonnes de viande et 27,2 millions de tonnes de lait, (soit respectivement près de 90% et 40% de plus que les productions actuelles), confirment ce potentiel.

De plus, le marché offre
des débouchés intéressants. Même des projections aussi réservées que celles de l’IFPRI, indiquent, d’ici à l’an 2020, un ccroissement de la demande qui passera à 12,8 millions de tonnes de viande et 34,1 millions de tonnes de lait, contre une production actuelle de près de 6,7 millions de tonnes de viande et 17 millions de tonnes de lait.


  • Evolutions récentes

Cependant, la performance de croissance sectorielle de l’élevage en ASS au cours des quatre dernières décennies a été faible. La production a augmenté à un taux moyen annuel de seulement 2% contre plus de 7% en Chine, 4,7% en Asie du Sud-Est, 3,2% en Asie de l’Ouest et en Afrique du Nord, et 3% en Amérique latine. Le taux de croissance de la production en ASS a été en deçà du niveau du taux de croissance démographique pour la période 1961-2000, faisant de l’ASS la seule région au monde à enregistrer une réduction de la production par habitant sur cette période.

Les raisons de cette mauvaise performance de l’ASS sont multiples. La région n’a connu ni de
marché interne en plein essor tel que dans le cas de l’Asie orientale, ni de débouchés d’exportations tel qu’en Amérique latine. Comme indiqué ci-dessous, l’ASS a souvent eu recours à des politiques de développement commercial et de subventions qui n’ont pas milité en faveur de l’élevage, contrairement à l’Asie méridionale et à l’Asie orientale, par exemple. Les institutions y sont plus faibles que dans les autres régions. En définitive, l’ASS a été plus exposée, qu’aucune autre région du monde, à une plus grande menace de pathologies animales.

Cependant, depuis lors une expérience considérable en matière de développement de l’élevage, particulièrement dans les zones à
très grandes potentialités mentionnées plus haut, avec une production à petite échelle de produits laitiers et avicoles, a été acquise, et les perspectives de réussite du développement de l’élevage se sont considérablement améliorées.